CERN — the European Organization for Nuclear Research

News: 25 August 2010

Message from the Director General:
Today's Finance Committee meeting

Dear Colleagues,

You are all aware that Finance Committee held an extra meeting today to discuss CERN’s medium-term plan (MTP) for the period 2011-2015. This is an extraordinary move, but these are extraordinary times. All our Member States are making significant budget cuts at the national level, and it is difficult to argue why intergovernmental organizations such as CERN should be exempt.

At its June meeting, Council asked us to make cost cutting proposals to be discussed by Finance Committee today. Our strategy has been to protect the LHC programme, and just as importantly to protect the long-term well being of CERN and its personnel. The MTP we presented today is science-driven, yet it reduces spending on research and consolidation through careful and responsible adjustment of the pace originally foreseen. At the same time, it increases the injection of capital into CERN’s social security systems. Taken together, these measures result in a reduction of the Organization’s budget deficit that is lower than anticipated in June, but acceptable in the current financial climate. They represent a long-term view of CERN’s route through the financial crisis, protecting what we have today without compromising our future.

Let me address these points in turn. Firstly, with the LHC now running it is essential that we make full use of this remarkable research facility. However, the upgrade programme, originally developed assuming a 2008 LHC start-up, can proceed at a slower pace with minimal compromise to the physics programme. Similarly, we can delay consolidation work on our ageing accelerator chain without unduly risking the reliability of LHC operations. Under the new plan, Linac4, for example, will be connected in 2016, one year later than originally planned.

The MTP presented today also protects the non-LHC programme, but with a similar degree of compromise. There will be no running of the CERN accelerators in 2012, for example, allowing us to make savings on running costs while at the same time diverting manpower to consolidation of the accelerator chain and preparation of the LHC for full energy running starting in 2013.

Looking further ahead, the MTP has been designed to position CERN as a strong bidder for any future energy frontier project in particle physics. Here again, we can slow down the pace of R&D without jeopardising that objective. The MTP therefore allows for continuing R&D on both CLIC and a higher-energy proton machine, but at a slower pace. As part of this vision, work on high-power proton sources will allow CERN to play its part in global developments for neutrino physics, possibly leading to a future intensity frontier to complement the energy frontier work currently embodied by the LHC.

Finally, Council recognised in 2007 that measures were necessary to return the CERN pension fund to financial equilibrium. This MTP earmarks funds for CERN’s social security systems, allowing us to begin the long-term sustainable recapitalization of the pension fund, while at the same time balancing the budget of the health insurance scheme.

Our proposals were well received by delegations, who overwhelmingly recommend the revised MTP for approval to Council at its meeting on 16 September. Following that meeting, full details of all these measures will be made available on the CERN Council website.

I firmly believe that basic science budgets must be protected even in, and perhaps particularly in times of economic downturn. Basic science underlies innovation and ultimately drives economic prosperity. But as a publicly-funded body, we have to be realistic, and that is why we went to Finance Committee today with a document that is science driven, but also affordable.

Rolf Heuer

 

Message du Directeur général :
Le Comité des finances d'aujourd'hui

Chers collègues,

Comme vous le savez tous, le Comité des finances a tenu une réunion supplémentaire aujourd’hui pour examiner le plan à moyen terme du CERN pour la période 2011-2015. L’événement est inhabituel, mais les circonstances sont elles aussi inhabituelles. Nos États membres procèdent tous à d’importantes restrictions budgétaires au plan national et l’on peut difficilement soutenir que des organisations intergouvernementales comme le CERN devraient y échapper.

Lors de sa session de juin, le Conseil nous a demandé de soumettre au Comité des finances des propositions visant à réduire les coûts pour qu’il les examine aujourd’hui. Notre stratégie a consisté à protéger le programme LHC et, ce qui est tout aussi important, la situation du CERN et de son personnel sur le long terme. Le plan à moyen terme présenté aujourd’hui est axé sur les activités scientifiques, même s’il réduit les dépenses pour la recherche et les travaux de consolidation par un ajustement rigoureux et réfléchi du rythme prévu à l'origine ; parallèlement, il prévoit une injection accrue de capital dans les systèmes de sécurité sociale de l’Organisation. Ensemble, ces mesures se traduiront par une réduction du déficit budgétaire de l'Organisation plus faible que celle qui était prévue dans le plan de juin, mais acceptable compte tenu du climat financier actuel. Elles marquent la vision à long terme du chemin que doit suivre le CERN pour traverser cette crise financière, en protégeant notre programme de recherche actuel, sans compromettre notre avenir.

Permettez-moi d’aborder ces points tout à tour : tout d'abord, le LHC étant à présent en exploitation, il est essentiel que nous utilisions pleinement cette remarquable installation scientifique. Toutefois, le programme d’amélioration, conçu à l’origine en prenant pour hypothèse un démarrage de la machine en 2008, peut se poursuivre à un rythme ralenti en portant aussi peu atteinte que possible au programme de physique. De même, nous pouvons repousser les travaux de consolidation prévus sur la chaîne d’accélérateurs vieillissante sans risque inconsidéré pour la fiabilité de l’exploitation du LHC. Par exemple, selon le nouveau plan, le Linac4 sera connecté en 2016, un an plus tard que prévu initialement.

Le plan à moyen terme présenté aujourd’hui protège également le programme hors LHC, tout en faisant preuve du même esprit de compromis. Ainsi, aucun des accélérateurs du CERN ne fonctionnera en 2012, ce qui nous permettra de réaliser des économies sur les dépenses d’exploitation et, simultanément, de réaffecter du personnel aux travaux de consolidation sur la chaîne d'accélérateurs et aux préparatifs pour le début de l’exploitation du LHC à pleine énergie en 2013.

À plus long terme, ce plan a été conçu pour permettre au CERN d’être un excellent candidat pour tout futur projet de physique des particules à la frontière des hautes énergies. Là encore, nous pouvons sans risque ralentir la R&D sans mettre en péril cet objectif. Le plan à moyen terme prévoit donc la poursuite des travaux de R&D tant sur le CLIC que sur une machine à protons de plus haute énergie, mais à un rythme plus lent. Dans cette perspective, les travaux sur les sources de protons haute puissance permettront au CERN de jouer un rôle dans les développements au niveau mondial de la physique des neutrinos, ce qui pourrait conduire à explorer une nouvelle frontière des hautes intensités, complétant les travaux à la frontière des hautes énergies actuellement incarnés par le LHC.

Enfin, en 2007, le Conseil a reconnu que des mesures étaient nécessaires pour garantir le retour à l’équilibre de la Caisse de pensions du CERN. Ce plan à moyen terme prévoit d’ailleurs d’allouer des ressources aux systèmes de sécurité sociale du CERN, ce qui va nous permettre de commencer à recapitaliser durablement la Caisse de pensions sur le long terme, tout en équilibrant le budget de notre régime d’assurance maladie.

Nos propositions ont été accueillies favorablement par les délégations, qui ont à une très large majorité recommandé au Conseil de les approuver à sa session du 16 septembre. À l’issue de cette session, l’ensemble de ces mesures seront détaillées sur le site web du Conseil du CERN.

Je suis fermement convaincu que les budgets alloués à la science fondamentale doivent être protégés, même, et peut-être particulièrement, en période de crise. La science fondamentale est à la base de l’innovation et, à terme, elle est un moteur de la prospérité économique. Cependant, en tant qu’organisme financé par des fonds publics, nous nous devons d’être réalistes. C’est pourquoi nous avons présenté aujourd’hui au Comité des finances un document non seulement axé sur les activités scientifiques, mais également financièrement réalisable.

Rolf Heuer