MESSAGE DU DG
AUX MEMBRES DU PERSONNEL
ET
AUX UTILISATEURS DU CERN

Chères collègues et chers collègues, membres du personnel et utilisateurs du CERN,

Je suis heureux de vous accueillir à nouveau dans notre Laboratoire pour la reprise de nos activités.

Il y a un an, j'avais dit que 2002 serait une année de défis pour nous tous et je m'étais déclaré convaincu que le professionnalisme et le dévouement des personnes qui forment ensemble ce Laboratoire permettraient de les relever. Ma confiance a été plus que justifiée. Les deux années écoulées ont été sans doute les plus difficiles que le CERN ait connues. Le début de 2001 a été marqué par des incertitudes en rapport avec la fin du programme du LEP, tandis que 2002 a été dominé par la nécessité de réorienter fondamentalement les programmes et la structure de l'Organisation pour résoudre le problème du coût du programme LHC à son achèvement. Je peux annoncer avec plaisir que 2003 se présente sous de bien meilleurs auspices.

Dans l'année 2002, un travail considérable a été accompli pour appréhender les coûts des programmes du CERN et les ressources disponibles, à la fois au niveau interne, par l'action de l'audit interne et des cinq groupes de réflexion, et au niveau externe, par celle du Comité d'examen externe et d'autres comités d'experts. Un examen détaillé des ressources humaines a été mené à bien dans la dernière partie de l'année. De tout cela il est résulté un nouveau plan à long terme et une nouvelle structure de contrôle pour le CERN.

A la fin de l'année écoulée, le Conseil a approuvé à l'unanimité le Plan de base du Laboratoire pour 2003-2010, comprenant une augmentation des effectifs dans les années de la construction du LHC. Le 19 décembre, le CERN a signé avec la Banque européenne d'investissement un accord concernant un prêt à long terme à des conditions très favorables en vue de couvrir le manque de liquidités dans les années à venir. Un prêt de cette ampleur, en rapport avec les paiements pour les contrats industriels du LHC, était prévu depuis 1996. Le fait qu'il soit accordé par l'institution de l'Union européenne spécialisée dans les investissements à long terme est un grand témoignage de confiance dans le Laboratoire et montre bien l'importance vitale du LHC en tant qu'installation scientifique européenne. Un tracé de la voie à suivre par le CERN pour achever la réalisation du LHC a ainsi été défini.

Le Conseil a nommé Robert Aymar Directeur général à compter de janvier 2004. Spécialiste de longue date des aimants supraconducteurs et gestionnaire réputé, M. Aymar a présidé le Comité d'examen externe qui a procédé l'année dernière à une étude du CERN, et il nous a apporté des réflexions et des recommandations très utiles. Je suis sûr que le nouveau Directeur général conduira avec succès les activités de l'Organisation dans les années de mise en service et d'exploitation du LHC.

La question du coût et du calendrier du LHC a été prédominante en 2002. Je suis très satisfait des conclusions de l'Examen annuel du coût et du calendrier du LHC (LCSR) récemment institué, selon lesquelles les estimations de coût fournies par la Direction ont été stables dans l'année écoulée et peuvent être retenues comme base fiable. Lorsqu'il a été mis fin au programme du LEP, nous pensions que le LHC pourrait être achevé en 2006. Le calendrier était alors dominé par les travaux de génie civil, qui venaient de sortir d'une période difficile. Il était également fondé sur l'hypothèse que les contrats pour les aimants pourraient être attribués en juin 2001 et que la production commencerait ensuite immédiatement. Mais les travaux de génie civil ont subi de nouveaux retards, les contrats pour l'assemblage des aimants n'ont pas été attribués avant décembre 2001 et la production des câbles supraconducteurs a connu un démarrage laborieux. Tous ces éléments nous ont convaincus, en février 2002, de la nécessité de reporter d'un an la date de mise en service du LHC. Les récents examens externes ont indiqué qu'un calendrier avec un achèvement en 2007 serait difficile et exigeant, mais possible. L'équipe dirigeante du projet et le CERN sont fermement axés sur ce calendrier, comme l'ont montré les réactions énergiques à l'insolvabilité récente et potentiellement catastrophique de certaines entreprises. Je suis persuadé que vous apprécierez les dispositions que nous avons prises pour une meilleure transparence en ce qui concerne le coût et le calendrier du LHC. Vous pouvez prendre connaissance du rapport complet du LCSR sur la page d'accueil du site Web du CERN. De même, vous pouvez désormais consulter directement sur cette page le Tableau de bord du LHC (LHC Dashboard). Il s'agit d'une série de graphiques permettant de suivre la production industrielle des principaux éléments du LHC par rapport au calendrier actuel de mise en service ainsi que les progrès des travaux d'installation du LHC.

Les annonces de l'observation et la mesure d'atomes d'antihydrogène froids par les expériences ATHENA et ATRAP l'été dernier ont clairement démontré que même en ces temps de difficultés financières le CERN avait une production scientifique de premier plan. Les expériences avec cibles fixes COMPASS, NA48 et NA60 ont également recueilli des données de bonne qualité en 2002, et nous pouvons nous attendre à ce que leur analyse fournisse des résultats intéressants. Les nouvelles installations REX-ISOLDE et nTOF tourneront à plein régime en 2003, et il est certain que d'autres résultats importants apparaîtront à mesure que l'année avancera.

Concernant l'avenir à plus long terme, le projet de Collisionneur linéaire compact (CLIC) a franchi une étape majeure. Pendant des impulsions de courte durée, les structures d'essai du CLIC ont atteint les gradients accélérateurs élevés (150 MV/m) nécessaires pour les futures machines à la frontière des hautes énergies ont été atteints.

Nous avons déjà obtenu des résultats positifs, mais cela ne nous autorise pas à relâcher nos efforts. La tempête n'est pas passée. Les ressources du CERN sont limitées. Un rigoureux programme d'économies nous attend encore et il ne sera pas facile de respecter les prévisions sur le coût et le calendrier du LHC. Il nous faut maintenir la cohérence du Laboratoire qui a rendu possibles les progrès récents et nous devons veiller à éviter les glissements dans les programmes et leur portée par rapport au plan convenu.

Il y a un an, j'avais pu affirmer que le projet LHC était techniquement solide. Cette année, je peux ajouter qu'il est aussi financièrement solide. Des sacrifices sont nécessaires et utiles et la perspective que le CERN possède (en 2007 !) une infrastructure scientifique magnifique et florissante est bien réelle. Vous devez en être très largement remerciés.

Je vous adresse mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.

Luciano Maiani